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chronique
Bulletin de la critique et de la chronique, Médias et journalisme

Bulletin de la critique et de la chronique – décembre 2011

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CRITIQUES

Meilleures critiques: Est-ce en raison de l'intimité des sujets abordés, mais Nuit #1 et Shame se sont mérités de très beaux papiers. Ces critiques s'avèrent convaincantes et même touchantes, transférant vers le lecteur une partie de la charge émotive de l'oeuvre. J'attire votre attention sur la critique de François Lévesque dans Le Devoir sur Nuit #1. Il faut aussi lire celle de Marc-André Lussier dans La Presse à propos de Shame: "Un appétit insatiable, jamais assouvi. Une frénésie permanente. L’appel urgent de la jouissance brute, instantanée. Comme si cette violence intérieure pouvait, le temps d’un orgasme, anesthésier l’indélogeable mal de vivre."

CHRONIQUES

Palme d'or: Yves Boisvert publiait coup sur coup deux chroniques à la fois simples, précises, incisives et qui charcutaient quelques lieux communs. D'abord, dans La peur du sapin il soulignait que les "accommodements" sur Noël sont le fruit de fonctionnaires peureux: "Il devrait y avoir d'urgence une directive interdisant aux hauts fonctionnaires de pénétrer dans la tête d'un immigrant, même imaginaire." Ensuite, dans le sillage du suicide de Marjorie Raymond, il tentait de calmer la charge contre les médias sociaux.

Chronique doudoune: J'ai déjà avoué qu'un homme qui pleure m'émeut bien plus qu'une femme qui pleure. Je dois dire qu'un homme qui parle de ses enfants… J'ai craqué pour cette chronique un brin fourre-tout où Marc Cassivi présente ses sorties au cinéma avec ses fils (en plus d'une critique de Tintin, d'un résumé de Happy Feet et d'une réflexion sur les Muppets communistes!). Plusieurs passages m'ont fait sourire, mais j'ai été particulièrement intéressée par l'attrait des enfants pour les étoiles quand vient le temps d'évaluer un film. J'y reviendrai la semaine prochaine dans un billet spécifique. (Malgré lui, Marc Cassivi reste mon principal pusher de sujets en ce début 2012!)

MES ÉDITOS:

Le débat du mois: L'arrivée imminente du Huffington Post Québec et son modèle d'affaire basé sur le bénévolat des blogueurs aura fait jaser. Disons d'emblée que je ne suis pas complètement neutre dans ce débat: il a été annoncé que je ferai le saut chez Voir. Bien que je préfère le principe qui consiste à rémunérer minimalement les blogueurs, ma décision ne repose pas d'abord sur une question d'argent.

Je ne serais jamais allée bloguer pour HPQ non pas parce que les blogueurs ne sont pas rémunérés, mais parce que tant qu'à ne pas être rémunérée je vais choisir à qui j'associe mon nom. Et ce ne sera jamais à une entreprise américaine dont le modèle d'affaire et la vente à AOL me semblent douteux. J'ajouterais que l'argument de la visibilité est celui qu'on sert aux artistes depuis toujours pour les inciter à ne pas se faire payer pour leur travail. Je ne rêve pas de visibilité à n'importe quel prix, pas au point de m'associer à n'importe quelle marque.

D'autre part, je m'oppose à ce qu'on ouvre une tribune "de presse" régulière à des politiciens ou des lobbyistes patentés dont certains, pas fous, y ont vu une belle occasion de contourner le filtre journalistique. Qu'un site "de presse" serve à retransmettre sous forme de blogue du contenu politique prémâché (communiqués, discours, etc.) me semble une pratique inquiétante.

Malgré mon affection pour la gang de Voir, j'ai hésité pour diverses raisons: peur de me noyer dans la masse, peur de perdre de la lattitude et de la flexibilité, etc. Après réflexion, j'ai décidé de faire le saut. J'en saurai plus (et vous aussi) dans les prochaines semaines.

Entre temps, si vous avez manqué le débat et voulez en savoir plus, voici plusieurs sources: le premier et le deuxième texte de Simon Jodoin de Voir, le blogue de Nathalie Collard, le premier et le deuxième texte sur le blogue de Patrick Lagacé, le point de vue de Nadia Seraiocco, la chronique de Michel David dans Le Devoir, le point de vue de Jocelyne Robert. Le débat a aussi cours en France, je vous laisse fouiller cette filière.

Voeux: Je profite de ce bulletin pour vous souhaiter une année faite d'information de qualité et pour nous souhaiter le retour d'un espace digne de ce nom pour de la vraie critique culturelle, surtout à la radio et à la télé!

À propos de Catherine Voyer-Léger

Diplômée en science politique, directrice du Regroupement des éditeurs canadiens-français, passionnée d'arts et de littérature. Blogueuse, twitteuse hyperactive, préoccupée par l'élévation du débat, la force du langage et la mise à mal des lieux communs.

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